U.D.O. - Mission N°X (© 2005 AFM / Underclass)
Je ne voudrais pas faire du racisme anti-allemand mais...
Non.
Là, ça part mal.
Je reprends.
J'ai donc jeté une oreille sur le dernier U.D.O. Heureusement, ça se termine avec le dernier morceau.
- Ben oui, t'es con !
- Nân c'est pas ce que je veux dire !! Ya Mad For Crazy qui vient ponctuer le tout et heureusement. Shell Shock Fever est bon aussi, vraiment. Le reste?
A y bien penser, c'est le metal allemand dans toute sa splendeur.
On me demanderait ce que c'est que le hard rock US, je répondrais : un commerce.
Hop, enfouille le blé, Psycho Circus de Kiss, ya tout, ya l'esprit, ce sont les Pères.
Ben U.D.O. c'est à la fois ça et pas ça. Ya eu une bonne idée un jour, on n'a pas perdu la recette, non non, ya encore du jus, mais voilà, c'est appliqué façon bureaucratie teutonne, formulaire en mains, le papier en trois exemplaires, à la note près. Il n'y manque pas même le choeur "acceptien", d'ailleurs resservi partout. Il n'y manque pas même le slow main sur l'épaule, et là on rit de bon coeur : Cry Soldier Cry !
Cry Soldier Cry, la voix à fendre l'âme, la Mère du Soldat, le drame humain, ach ! décidément Krieg gross Malheur, comme le disait, des sanglots dans la voix, un brave Berlinois à mon père un jour de promenade à l'ombre du Mur. Oui, c'était à l'époque.
Le point commun avec le hard rock US, c'est la recette. Mais ici, la recette est allemande.
La rythmique en rangs par quatre, ça ils savent faire. Les guitaristes peuvent bien changer, ya toujours ce coulé, comment dire, c'était la marque de Wolff Hoffmann, l'immense six-cordistes d'Accept. Ça descend, ça remonte, c'est beau. Je trouve que quand ils ont inventé ça, ce son, cette manière, le style Accept, c'était à garder. Ça tombe bien, ils l'ont compris comme moi et ça fait manifestement partie de la fiche de poste quand Udo recrute : alors bonhomme t'as ton style, c'est entendu mais ce passage-là, tu le joues comme ça.
On va dire que les Allemands ont le sens du rythme, moi je dis qu'ils ont aussi au plus haut point cette capacité à romantiser les mélodies.
Pour le reste, ben c'est la recette et c'est produit faiblard et ça, c'est dommage. Ya des moments mais voilà, il faut les chercher et quand on les cherche on les trouve mais je m'adresse à qui, là ?
Aux fans du bonhomme ? Certainement pas au consommateur normal, étourdi par tout ce qui paraît à la même heure que ce Mission n°X. Ce n'est pas la production de chefs-d'oeuvre à chaque quart d'heure mais enfin, à écouter seulement une partie de ce qui sort, on se demande si on a vraiment du temps à consacrer à cet album.
La réponse en ce qui me concerne est oui : d'où cette chronique. Mais bon, voilà, hein ! Ce n'est pas Solid, brillant album produit par la même équipe il y a dix ans maintenant. 'Pouvez le réécouter : tout y est, en mieux !
Bon, je râle mais ya un savoir-faire, hein, l'Allemagne, n'est-ce pas, je râle, mais Udo ça reste enlevé et tape-du-pied.
Un jour, il faudra, ici ou ailleurs, décortiquer ce qui fait que la Suède produit ce qu'elle produit, et aussi l'Allemagne, la France, le Royaume Uni, les USA bien sûr, etc.
Car ce n'est pas qu'une histoire de nation. Il y a une culture là derrière, au delà de la variété des styles sur la scène locale.